Collectif des

familles de

disparu(e)s

en Algérie

 

COMMUNIQUE

"Nos enfants ne sont pas à vendre;
ils n'ont pas de prix"

Le collectif des familles de disparue)s en Algérie, SOS Disparus, dénoncent avec fermeté les déclarations de M. Ksentini au journal " Echourouk El Yaoumi " du 3 /11/2002 sur la manière de régler le problème des disparus en Algérie, à la veille du Ramadan.

Pour M. Ksentini, il s'agit seulement de remettre aux familles de disparus la somme de 100 million de centimes ainsi qu'un acte de décès et de clore le dossier.

Pour les familles de disparus et leurs représentants, la seule pensée que l'on ose croire que l'on puisse remplacer un être cher par une somme d'argent et un bout de papier est insupportable. Il est impératif, pour nous de faire la vérité, la justice et la lumière sur le sort de toutes les personnes enlevées par les forces de sécurité ( tout corps confondu) et disparus depuis.

Le 5/09/2002, les familles de disparus et leurs représentants d'Alger, de Constantine, d'Oran, de Sétif, de Rélizane et de Mostaganem ont rencontré M. Ksentini et lui ont remis en main propre le Memorandum qui contenait les principes de base pour une démarche commune du règlement du dossier dont les points sont suivants :
L'indemnisation ne saurait à aucun moment remplacer ou annuler un processus de vérité sur le sort de nos enfants…
L'indemnisation ne saurait remplacer la mise en place d'une véritable politique nationale de réhabilitation…

Lors de cette rencontre, M. Ksentini a souscrit à notre démarche ; il a approuvé et soutenu toutes nos revendication. Nous nous sommes séparés en emportant avec nous la promesse de M. Ksentini : " Je vous promets que toutes vos revendications seront transmises dans un rapport au Président de la République ". Nous avions osé espérer que les pouvoirs publics avaient enfin la volonté d'aller à un vrai traitement de ce dossier et de mettre fin au drame que vivent les familles de disparu(e)s en Algérie. Hélas, les pouvoir publics nous démontrent encore une fois leur mauvaise foi, et leur mépris à notre égard, car pour nous familles de disparu(e)s, il s'agit de la vie de nos enfants, d'êtres humains qui sont jusqu'à preuve du contraire, toujours vivants, il ne s'agit pas de prix. Ils ne sont pas à vendre.

Soyez nombreux ce mercredi 6 novembre devant la CNPPDH à partir de 9 heures pour affirmer notre détermination à faire la Vérité et la Justice.

Alger le, 4 Novembre 2002

Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie
21, ter rue Voltaire 75011 Paris
Tel 01 43 44 87 82 - e-mail yndutour@netcourrier.com

 
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