Coordination Nationale des Familles des Disparus / Association des familles des disparus de Constantine

COMMUNIQUE

Les familles des disparus de Constantine ont fait l’objet ce jeudi matin 05/04/2007 de harcèlements par les services de sécurité dépêchés en renfort sans que cette soudaine intervention ne s’explique. Les familles comme à leur accoutumée étaient rassemblées en face du siège du Wali arborant deux banderoles portant les inscriptions « Nous voulons nos enfants morts ou vivants » et « Généraux criminels = cour de justice universelle ».Banderoles plusieurs fois arborées sans susciter une telle hargne, bien qu’il n’y ait pas eu vraiment violence, un officier de police a arraché des mains d’une femme une des banderoles qu’il a refusé de restituer au président de l’association.

Malgré ces pressions, les familles demeurent attachées à leur combat pour faire triompher la vérité, la justice et dénoncent par la même occasion les manœuvres auxquelles participent différentes associations de familles de disparus (Somoud, SOS Disparus, Collectif des Familles de Disparus en Algérie et A N F D). En effet, nous dénonçons l’instrumentalisation du dossier des disparus par ces associations et par le Centre International pour la Justice Transitionnelle. Il est évident que l’on veut étouffer nos revendications de justice (identifier et juger les auteurs du crime de disparition) notamment par le recours aux mécanismes juridiques internationaux qui sont loin d’être épuisés. Après l’échec d’Alger, la rencontre tenue à Bruxelles par ces organisations est une trahison et surtout un crime moral contre les familles de disparus, d’assassinés et de torturés que l’on veut draper sous le vocable de « justice transitionnelle » sans transition.

Il est temps que nos autorités admettent l’évidence du drame des familles de disparu et s’activent à donner la solution idoine, plutôt que de s’employer à de faux-fuyants par de sordides marchandages réduisant le disparu à une vulgaire marchandise périssable dont le cours s’érode avec le temps. La mascarade des pseudo indemnisations n’a fait qu’exaspérer les familles de disparus par la disparité et l’incohérence dans l’évaluation et l’attribution de cette indemnité.

Par ailleurs les O N G algériennes et les O N G internationales des droits de l’homme (AMNESTY, F I D H , HUMAN RIGHTS WATCH) se doivent de se démarquer de cette grossière manipulation et doivent prendre leurs responsabilités dans cette affaire : sachant que toute démarche judiciaire est vaine en Algérie, c’est vers les mécanismes onusiens qu’elles devraient investir leurs efforts et vers un but unique : la mise en place d’un tribunal ad hoc sur les crimes commis en Algérie pour juger aussi bien les commanditaires militaires et civils que les « islamistes ».

Constantine le 07 04 2007.

A F D F C –C N F D

Le président
R.BENLATRECHE

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org