SUITE A LA MESURE DE SUSPENSION DE SIX QUOTIDIENS

El Khabar revient, Liberté attend

El Watan, 20 août 2003

Le quotidien El Khabar revient sur les étals à l’est et à l’ouest du pays. Ali Djerri, directeur de publication, en a été informé par téléphone alors qu’il animait une conférence de presse au siège de sa rédaction à Alger. «Rien n’est encore gagné, a-t-il prévenu, nous sortons si le pouvoir le désire encore», a-t-il prévenu.

El Khabar a été empêché de reparaître suite à un contentieux avec la SIA datant de 1998, date à laquelle l’imprimerie d’Alger exigeait le règlement d’une facture de 47,6 millions de dinars, selon Djerri. Une décision de justice datée du 26 février 2003 a ramené cette somme à seulement 35 millions de dinars. La SIA a rejeté cette décision, et a exigé un supplément de 6,8 millions de dinars sans pouvoir en expliquer l’origine. «C’est la loi de la jungle», a observé le conférencier, plaidant pour le retour des imprimeries publiques à leur mission d’origine. «Ni les imprimeries publiques ni les médias publics dont la télévision, la radio, l’APS... ne sont le bien de Bouteflika, Zeroual ou Chadli. C’est un service public, et il serait temps que toutes les entreprises travaillant dans ce secteur œuvrent à assurer leur mission de service public», a-t-il souligné. Vers 17 h 30, le téléphone sonne ; Me Zoubir Soudani tend l’appareil à Ali Djerri. Coup de théâtre : «On vient de m’apprendre que le journal sortirait normalement demain», annonce-t-il, non sans ajouter : «Enfin, si le pouvoir le désire toujours». Pour Liberté, il en est tout autrement. La Simpral exige de lui qu’il recouvre les dettes de l’ex-Essahafa, un titre de la presse arabophone aujourd’hui en liquidation. «La Simpral est totalement dans l’erreur, et semble oublier le fait qu’il n’y a aucun lien juridique entre Liberté et Essahafa». Le montant de la somme due par ssahafa à la Simpral avoisine les 40 millions de dinars. «On ne sait pas encore ce qu’ils vont nous sortir pour l’Est et l’Ouest», a observé M. Said Chekri, rédacteur en chef. Liberté a de ce fait décidé d’ester en justice toutes les imprimeries d’Etat pour non-respect de contrat entre autres. A la salle de rédaction, les journalistes gardent le moral, mais ne se font pas trop d’illusion. «On est à peu près certains que même si on paye, d’ici demain on nous sortira encore quelque chose, ça n’en finit pas», constatent-ils communément. «On ne trouve même plus d’interlocuteur», se plaint encore Saïd Chekri. «Mechat, le DG de la SIA ne reçoit personne, il quitte son bureau à 16 h, et toute la journée il garde son portable en position éteinte», ajoute-t-il excédé. «Nos interlocuteurs, fait remarquer Saïd Chekri, ce sont nos amis et collègues journalistes qui viennent aux nouvelles tous les jours, Abu Dhabi TV, Beur FM, BRTV, la télévision égyptienne, la FIJ... qui ont pris attache avec nous dès les premières heures du conflit ; ce sont nos lecteurs internautes dont le nombre s’est multiplié par dix...»

Par Djamel Amrouche

 
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