Le secrétaire adjoint US à l’économie à Alger

Miser sur l’intégration maghrébine

El Watan, 30 novembre 2010

Le secrétaire adjoint américain à l’Economie, à l’Energie et aux Affaires commerciales, Jose W. Fernandez, sera en déplacement en Algérie où il prendra part à la «U.S.-Maghreb Entrepreneurship Conference» (Conférence sur l’entrepreneuriat Etats-Unis-Maghreb) prévue à Alger les 1er et 2 décembre prochain.

Le nouvel ordre mondial instauré suite à la première guerre du Golfe a fait que les Etats-Unis se sont intéressés à des parties du monde qui n’étaient pas auparavant des zones de grand intérêt pour eux. Le Maghreb a fait partie de la nouvelle découverte américaine qui, jusqu’aux années 1990, était laissé à la seule influence européenne et plus particulièrement française. Ce nouvel intérêt s’est renforcé après les attentats du 11 septembre 2001, quand les USA ont décidé de «disputer» cette influence française dans le Maghreb, notamment sur le plan sécuritaire. L’aspect économique figurait déjà sur le plan de développement des rapports américano-maghrébins, d’autant que la région se présente comme un marché aux potentialités appréciables. L’initiative Eisenstat, portant le nom d’un haut responsable américain au département d’Etat, reflétait une vision américaine ciblant la création d’une zone d’échanges commerciaux dans la région du Maghreb. L’initiative a vu le jour en 1998 sous l’Administration de Bill Clinton, et avait comme principale finalité, selon ses initiateurs, de «favoriser une intégration économique décourageant l’essor du terrorisme».

Douze années plus tard, l’Administration Obama initie une conférence à Alger sur l’entreprenariat dans le Maghreb. Dans une de ses déclarations, Stuart Eizenstat a souligné que «ces pays (le Maghreb) prennent des mesures pour renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité. A mon avis, ils devraient aussi renforcer en même temps leur coopération dans le domaine économique en vue d’accroître durablement la stabilité dans cette partie du monde». L’Administration Bush a, elle aussi, misé sur le potentiel économique de la région. Ce qui confirme la convergence des vues américaines pour la politique étrangère quel que soit le locataire de la Maison-Blanche. Il a été donc mis en marche un programme de renforcement de la coopération avec le Maghreb, mais dans un cadre élargi aux pays du Moyen-Orient appelé MEPI (Middle East Partnership Initiative). Une initiative qui favorise, entre autres objectifs, des réformes économiques avec l’encouragement de l’investissement, la libre entreprise, les échanges commerciaux et la transparence. Des objectifs qui n’ont pas porté leurs fruits, d’abord du fait de l’approche globale de l’initiative qui noie le Maghreb dans un ensemble trop large. Et les différends politiques, existant entre les pays du Maghreb, n’ont pas aidé ce programme à trouver le chemin de la concrétisation. Par ailleurs, la nature des systèmes politiques dans ces pays freine l’émergence de systèmes économiques viables, transparents et pérennes. L’Administration Bush avait par ailleurs plaidé pour l’instauration d’une Zone de libre-échange entre les Etats-Unis, les pays du Maghreb et du Moyen-Orient d’ici 2013.

Nadjia Bouaricha

 
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Offensive américaine en Algérie  
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