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FUITES TROUBLANTESpar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 30 novembre 2010 Après une première salve de divulgations de documents de l'administration US sur la guerre en Afghanistan qui l'avait rendu célèbre, le site WikiLeaks fait à nouveau la une de la presse internationale. Cette fois, il s'agit de la mise en ligne de près de trois cent mille pièces, câbles diplomatiques, rapports et comptes-rendus d'entretiens relevant du Département d'Etat. La somme d'informations ainsi mise à la disposition du public est proprement monumentale et devrait alimenter un très grand nombre de thèses universitaires sur la politique étrangère des Etats-Unis. Ce qui a retenu l'attention des médias occidentaux, ce sont d'abord les commentaires pas vraiment flatteurs des diplomates américains sur des dirigeants politiques alliés ou rivaux. Rien de particulièrement grave à ce niveau, les appréciations des fonctionnaires étant souvent conformes à l'image forgée par la presse dominante. On peut même dire, selon ce qu'en rapportent les médias, que les portraits dressés par les diplomates des dirigeants politiques sont de purs clichés. Berlusconi est un fêtard, Sarkozy un «empereur» autoritaire et susceptible et Angela Merkel serait une personnalité timorée. Les adversaires des Etats-Unis ont droit à des qualificatifs nettement plus péjoratifs. Ainsi, sans grande surprise, l'Iranien Ahmadinejad serait… Hitler. Les observations et analyses de dirigeants alliés des Etats-Unis n'apportent rien de nouveau, sinon l'expression brute d'évaluations et d'analyses très idéologiques. Donc, à cet égard et sous réserve d'un inventaire encore inachevé, rien de nouveau sous le soleil des bureaucrates de Washington. Les observateurs ont néanmoins été choqués par les consignes d'espionnage données aux diplomates américains par Mme Clinton, cette dernière demandant à son personnel de se livrer à des activités de collecte de données personnelles sur tous les partenaires des USA qui appartiennent au registre des agents secrets. Si personne ne sort grandi de ce déballage, ceux dont l'image risque de souffrir davantage sont bien les dirigeants arabes alliés des Etats-Unis. Beaucoup pensaient que l'animosité à l'égard de l'Iran exprimée par les rois de la région était une figure imposée par la puissance tutélaire. Il n'en est rien apparemment. Ce sont précisément ces rois et présidents monarchiques qui feraient pression sur les Etats-Unis pour que ceux-ci attaquent l'Iran. La révélation est de taille et l'hypocrisie de leaders qui ne manquent jamais de mettre en avant la solidarité islamique est exposée au grand jour. Ces voisins de l'Iran avec lequel ils partagent un destin commun se rangent résolument aux côtés d'Israël. En matière de duplicité, de tristes records sont battus. Le tapage médiatique créé autour du site WikiLeaks et des informations «dommageables» pour les intérêts des Etats-Unis est néanmoins disproportionné. Il y a peu d'informations inédites et celles qui sont mises en exergue par la presse internationale, comme la livraison à l'Iran par la Corée du Nord de missiles de longue portée susceptibles d'atteindre l'Europe, semblent participer à la stratégie de la tension, en œuvre depuis plusieurs années. Mais la prudence doit rester de mise car nul ne sait comment ces documents ont été choisis ou… sélectionnés. En fonction de quels critères et - forcément - de quels objectifs. En la matière plus qu'ailleurs, ni théorie paranoïaque de la conspiration ni angélisme naïf ne doivent dominer un regard critique et distancié. La mise à disposition du public de ce genre de données est un exercice salubre, pour autant qu'elle soit libre de manipulations.
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Wikileaks | ||||
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www.algeria-watch.org
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