DIALOGUE POUVOIR-ARCHS

Un pas en avant

El Watan, 17 août 2003

Le consensus auquel sont arrivés les conclavistes de M’chedallah (Bouira) vendredi dernier consacre un nouveau pas vers le dénouement de l’écheveau kabyle, dont l’amorce a été donnée avec la réponse positive réservée à l’appel du chef du gouvernement.

Une sortie de crise quelque peu «troublée» lorsque le président de la République a invité, à partir de Sétif, les archs à engager le dialogue pour la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur dans «ce qui ne touche pas à l’unité nationale». Soit un engagement de l’Etat à une satisfaction partielle des revendications du mouvement. Chose qui n’a pas été du goût des délégués. Désenchantés par l’ambiguïté de l’appel de Bouteflika, les archs, qui ont longtemps exigé l’engagement du premier magistrat du pays pour la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El Kseur comme premier préalable à toute prise de langue avec le pouvoir, semblent ignorer aujourd’hui cette partie de l’appel présidentiel. Les conclavistes de M’chedallah n’ont pas exigé un nouveau engagement du chef de l’Etat qui lèverait cette ambiguïté. En se contentant de l’appel du 20 juillet dernier, l’Interwilayas a réservé une réponse conditionnée à l’appel de Bouteflika tout en précisant que rien dans la plate-forme d’El Kseur «ne met en danger l’unité du peuple algérien». «Si le pouvoir répond favorablement à nos préalables, cela suppose qu’il accepte la mise en œuvre de l’intégralité de la plate-forme d’El Kseur», nous a déclaré le délégué Bezza Benmansour. Pour les délégués du mouvement, la balle est encore une fois dans le camp du pouvoir. L’engagement du dialogue tient donc à «la libération des détenus du mouvement citoyen», «l’annulation de toutes les poursuites judiciaires», «la révocation des indus élus», «le règlement du contentieux Sonelgaz», «l’amnistie et la franchise fiscale couvrant la durée du mouvement (2001 à 2003)» et «la réintégration des travailleurs licenciés pour leur engagement dans le mouvement citoyen». Ce sont désormais les cinq préalables figurant au registre des «incidences de la crise» qu’a avancés pour satisfaction, vendredi dernier, l’instance suprême des archs. «Notre objectif principal demeure la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur», nous déclaraient hier des délégués de Béjaïa. Dans la déclaration qui a sanctionné les travaux de M’chedallah, l’Interwilayas a suggéré la nécessité d’élaborer un «document préparatoire de mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur et de la concrétisation de l’engagement de l’Etat concernant les incidences énumérées auparavant avant tout contact avec le pouvoir maffieux et assassin». Le même document précise que «tout en donnant une suite favorable au dialogue pour la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur pleine et entière, scellée et non négociable (...)», la coordination interwilayas réaffirme le caractère national des revendications contenues dans cette plate-forme qui ne porte nullement atteinte à «l’unité du peuple algérien et à l’intégrité de l’Algérie éternelle». Une réplique au chef de l’Etat dont l’intervention souhaitée aura le mérite de faire avancer les choses.

Par K. Mejdoub
Béjaïa : De notre bureau

 

 
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