Des ONG internationales s'intéressent aux aârouch

Vont-elles faire pression sur le Pouvoir algérien ?


De notre bureau de Tizi Ouzou, Le Matin, 2 février 2003

Des ONG internationales et autres organismes de défense de droits de l'Homme s'acheminent-ils à faire pression sur le Pouvoir algérien sur des questions relatives à la crise que vit la Kabylie depuis presque deux années ? Tout porte à le croire si l'ont tient compte du déferlement des représentants de ces organismes en Kabylie depuis quelques mois. La dernière ONG à venir s'enquérir de la situation préoccupante dans laquelle se débat la Kabylie est International Crisis Group (ICG), une ONG anglaise. Son représentant, le Dr Hugh Roberts, a, en effet, rencontré des délégués de la CADC, notamment ceux d'Ath Djennad et Larbaâ Nath Irathen, en présence des familles des victimes et des détenus du mouvement citoyen, le 19 janvier dernier à Tizi Ouzou. L'émissaire de cette organisation a surtout voulu tout savoir sur la protesta citoyenne, mais il a aussi posé de nombreuses questions sur les détenus qui croupissent à la maison d'arrêt depuis la mi-octobre et sur les conditions de leur détention. D'autres sujets ont été abordés lors de cette rencontre, entre autres, les harcèlements policier et judiciaire imposés aux délégués depuis mars 2002. Une dizaine de jours avant, c'est le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme des Nations unies qui a informé les aârouch d'avoir accusé réception de la plainte qui lui a été destinée. L'instance de l'ONU a rappelé dans sa missive le procédé à suivre quand il s'agit de plaintes 1503 traitant des violations des droits de l'Homme et des libertés fondamentales commises par les Etats membres de l'ONU. L'instance onusienne a informé également les délégués de l'interwilayas qu'une copie est adressée automatiquement aux autorités du pays incriminé, alors que les expéditeurs (les aârouch, ndlr) ne sont pas destinataires du rapport du groupe de travail ou de la commission. La réponse de cette instance internationale prise positivement par les délégués a été conçue comme un pas vers l'internationalisation de la crise puisque les représentants de la population comptent confectionner un dossier « solide » dans ce sens pour que les crimes d'Etat et autres violations commises en Kabylie ne restent pas impunis. Dans sa lettre de saisine, le mouvement citoyen a dressé un état des lieux de la situation sociale, économique et politique de la Kabylie depuis l'éclatement des événements du Printemps noir.
Le premier jalon de cet intérêt porté par les organismes internationaux à la situation générale en Kabylie remontent aux premières visites effectuées au mois de mai de l'année passée par des représentants de Reporters sans frontières (RSF), Médecins sans frontières et le Parlement européen le 30 mai 2002. Ces « visées » en Kabylie ont été suivies par la visite effectuée le 24 novembre dernier par une délégation de l'ambassade américaine à Alger, conduite par la conseillère aux affaires politiques, Mme Irène Tariot, venue s'enquérir de la situation notamment, le rejet des élections et les perspectives du mouvement citoyen. Ainsi donc la saisine des instances internationales par les délégués du mouvement citoyen poursuit son bonhomme de chemin.
Brahim Boubchir

 

 

 
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