REGHAÏA

Des commerçants menacent de se jeter du toit de l'APC

par Z. Mehdaoui, Le Quotidien d'Oran, 26 avril 2007

La ville de Reghaïa à l'est d'Alger a vécu mardi dernier une soirée mouvementée. Et pour cause, près d'une dizaine de commerçants sont montés sur le toit de l'APC et ont menacé de se suicider collectivement dans le cas où les autorités ne daignent pas les écouter.

Des centaines de personnes se sont agglutinées devant l'APC en acclamant les commerçants qui juraient à qui voulait les entendre qu'ils sont ruinés et que leurs familles n'ont rien à manger. Malgré les appels incessants aussi bien des policiers que des gendarmes qui se sont rendus sur les lieux pour convaincre les «suicidaires» de descendre, ces derniers ont refusé. Les commerçants en question, dont certains sont sexagénaires, revendiquaient, avons-nous appris sur place, que l'on restitue leurs magasins détruits par les services de l'APC le mois d'août 2004 pour raison d'utilité publique et après avoir eu l'assurance des autorités qu'ils allaient être indemnisés.

La genèse de ce «conflit» qui oppose l'APC de Reghaïa à ces commerçants remonte au mois de décembre de l'année écoulée quand les «contestataires» se sont rendu compte que les terrains affectés par cette mairie au niveau de la cité SIGNA en guise justement d'indemnisation pour la reconstruction de leurs locaux, n'appartenaient pas à l'APC. En effet, quelques jours après avoir entamé la construction des locaux commerciaux, les commerçants ont été sommés par le Centre national des études et recherches en urbanisme (CNERU) d'arrêter immédiatement les travaux car tout le terrain était déjà affecté par la wilaya d'Alger pour la construction de 155 logements, et ce dans le cadre du programme présidentiel de construction du million d'unités d'ici 2009. Selon un responsable du CNERU, le projet de réalisation des 155 logements accuse un retard de trois mois faute de permis de construire qui n'a pas encore été, explique-t-il, délivré par l'APC de Reghaïa.

En tous les cas, les contestataires ont affirmé que le wali délégué aurait donné des instructions à l'APC afin de les installer sur la placette de la ville mais rien n'a été fait depuis, ce qui les a fait réagir de la sorte, mardi dernier, en organisant une action spectaculaire pour attirer l'attention des responsables concernés après avoir passé plusieurs mois entre les services de l'APC et la daïra.

Finalement, ce n'est que vers minuit mardi passé que le vice-président chargé du social à l'APC de Reghaïa réussira à convaincre les commerçants qui étaient déterminés à aller jusqu'au bout de descendre et de renoncer à leur action. Une réunion entre l'APC, d'un côté, la daïra et les contestataires, de l'autre, a eu lieu hier au siège de la mairie et la décision a été prise pour affecter d'autres terrains sur un autre site au profit de ces commerçants pour la reconstruction de leurs magasins.

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org