Bouteflika interpellé par la CADC

Par Lakhdar Siad, La Tribune, Mercredi 25 juin 2003

Après l’accueil plus ou moins positif réservé à l’invitation au dialogue d’Ahmed Ouyahia en direction du mouvement populaire faite le 29 mai dernier, les délégués de la CADC de la wilaya de Tizi Ouzou ont décidé d’interpeller le président Bouteflika quant à la nécessité d’un communiqué émanant de ses services annonçant la satisfaction des revendications contenues dans la plate-forme d’El Kseur.Réunis lundi à Tizi Rached en session extraordinaire, les délégués du mouvement, après des débats houleux et stériles par moments qui ont duré jusqu’à une heure tardive, se sont amendés de l’oubli (en était-ce un ?) commis lors de la réunion tenue à Azazga le 6 juin dernier et convoquée à l’effet de prendre une position par rapport à l’offre du chef de l’Exécutif.«Réitérer le préalable de la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El Kseur par le premier magistrat du pays» est le préalable au dialogue rajouté par les délégués à Tizi Rached et qui ne figurait pas dans ceux rendus publics à Azazga, à savoir «la libération des détenus, la cessation du harcèlement judiciaire et de la répression et la volonté politique réelle de satisfaire pleinement et entièrement les revendications de la plate-forme d’El Kseur». Donc, aucune trace des pouvoirs institutionnels du président quant à son rôle dans le règlement de la crise en Kabylie.Un détail qui a son importance surtout dans le contexte actuel à moins d’une année de l’élection présidentielle où Bouteflika est candidat à sa succession. Ce changement intervenu dans la position de la CADC sur la question du dialogue avec le pouvoir nous renseigne avec éloquence quant au poids des ex-détenus au sein de la CADC, comme nous l’avions souligné dans l’édition de la Tribune du lundi 23 juin.En effet, encore une fois, c’est Belaïd Abrika qui a changé le cours du déroulement des travaux de la réunion de Tizi Rached après son intervention remarquable huit heures après son coup d’envoi. Le porte-parole de la coordination communale de Tizi Ouzou avait remis les pendules à l’heure en faisant siennes les traditionnelles positions de principe de l’interwilayas du mouvement populaire sur la question d’engager tout contact avec les autorités : la plate-forme d’El Kseur demeure scellée et non négociable et tout dialogue doit forcément passer par une satisfaction publique et officielle des revendications par le premier magistrat du pays. Il avait été ensuite suivi dans sa position par l’écrasante majorité des délégués qui avaient poursuivi les travaux dans la sérénité. Cela dit, la position de la wilaya de Tizi Ouzou risque probablement de déteindre sur celles des autres wilayas lors de la réunion d’Amizour de demain.Pour le moment, seule la wilaya de Béjaïa n’a pas réitéré le préalable d’un communiqué du président comme garantie du dialogue avec le pouvoir. Le consensus semble à portée de main à Amizour.

L. S.

 

 
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