ANNABA

Double protestation de chômeurs et de travailleurs impayés

Le Soir d'Algérie, 26 octobre 2009

Après le chef-lieu de la wilaya il y a quelques jours seulement, la protestation des jeunes sans emploi s’est déplacée hier à El Bouni, commune et daïra; distante de quelque quatre kilomètres, au sud de Annaba.
Des dizaines de jeunes ont, en effet, assiégé dans la matinée d’hier le siège de cette commune pour protester contre l’indifférence affichée par les élus quant à une solution de leur situation de chômeurs qui dure depuis longtemps. N’ayant pu être reçus au début de leur mouvement par les responsables, notamment le maire, ils se sont introduits à l’intérieur des locaux de l’APC où ils ont saccagé des meubles et brisé quelques vitres, avant de se retirer à l’appel de quelques sages de la commune, dont le souci est d’éviter la destruction d’un bien appartenant à la collectivité. Ce n’est qu’après ce retrait que le maire a consenti à recevoir des représentants des protestataires, dans une tentative d’apaiser leur colère. Durant cette audience, celui-ci leur a fait part de la non-disponiblité, actuellement, de contrats de travail dans les différents dispositifs d’insertion des chômeurs, mais a promis de prendre toutes les dispositions pour que ces contrats soient attribués en toute transparence et équité, dès leur notification à ces services. Appelées en renfort, les forces de police sont intervenues pour calmer les esprits des manifestants, après une longue discussion avec ces derniers. Evitant la confrontation avec les jeunes chômeurs, les forces de l’ordre ont utilisé le langage de la persuasion pour faire entendre raison aux protestataires qui se sont finalement dispersés dans le calme. Par ailleurs, plus d’une centaine de travailleurs de l’entreprise de transformation du bois et du fer de Annaba sont revenus à la charge en fermant dans la matinée d’hier la route menant de la cité Seybouse à Annaba, à l’aide de pneus brûlés et autres objets hétéroclites. Ils l’ont fait pour dénoncer leur situation socioprofessionnelle marquée notamment par des retards de salaires de plus de cinq mois. Leur mouvement d’hier est le troisième en l’espace d’une semaine. «Nous avons passé un mois de Ramadan des plus difficiles, en raison du retard de nos salaires. Plus grave encore, nombreux sont ceux parmi nous qui n’ont pu faire face aux dépenses générées par la scolarisation de leur progéniture. Certains ont pu emprunter de l’argent auprès de leurs parents ou connaissances pour le faire, mais d’autres qui n’ont pas eu cette chance, ont carrément retiré leurs enfants de l’école », s’insurgent ces travailleurs, qui exigent le départ de leur directeur accusé d’avoir ignoré leurs revendications. Après plus d’une heure d’occupation des lieux, la police anti-émeutes est parvenue à libérer la route et à disperser les travailleurs protestataires. Nos multiples tentatives pour nous informer auprès de la direction de cette entreprise sur cette affaire de salaires impayés depuis des mois n’ont pu aboutir.
A. Bouacha

 
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