LA PRIME DE RISQUE DEVRAIT PASSER DE LA 5E A LA 4E PLACE

L’Algérie placée sous «surveillance positive» par la Coface

 

De Notre Correspondant A Paris: SARAH Raouf, Le Quotidien d'Oran, 3 janvier 2005

L’économie algérienne ne pouvait espérer un début d’exercice sous de meilleurs auspices. L’indice du «risque Algérie» s’achemine vers une amélioration en 2005. Sauf événement exceptionnel, il devrait passer de la 5e à la 4e place dans le classement de la Coface. Dans sa dernière notation périodique pour 2004 établie en pleine période des fêtes, la caisse française d’assurance pour le commerce extérieur place l’Algérie sous «surveillance positive», une perception qui n’est pas dénuée de portée. Dans la sémantique des analystes de la caisse française, cette appréciation est annonciatrice - à moins d’un imprévu de taille - d’une amélioration de la prime de risque. Selon les usages en vogue à la Coface, la formule «sous surveillance positive» se traduit, dans neuf cas sur dix, par un surclassement.

Concrètement, l’Algérie devrait être créditée incessamment de la note A4, autrement dit la 4e place sur une échelle de valeur qui en compte sept: A1, A2, A3, A4, B, C et D. Actuellement, elle est notée «B» (5e place) alors que la Tunisie, le Maroc - pour ne citer que les deux voisins - jouissent de la note A4. Attendu par les décideurs en charge du secteur économique depuis au moins quatre ans, ce surclassement devrait être annoncé publiquement le 25 janvier à Paris à l’occasion du traditionnel colloque «Risque-pays» de la Coface. Au seuil de chaque année, le premier assureur hexagonal du crédit à l’exportation bat le rappel de conjoncturistes du monde entier. Objectif de cet exercice qui se répète avec régularité depuis 1997: dresser le bilan de l’économie mondiale et décortiquer, à coups d’indicateurs, l’environnement socio-économique dans quelque 140 pays.

Au miroir de la Coface, l’Algérie profite de la conjoncture avec des indicateurs plutôt au beau fixe. «L’environnement économique et financier bénéficie d’une conjoncture pétrolière extrêmement favorable. Les recettes donnent aux autorités les moyens de poursuivre une politique budgétaire de soutien à l’activité du secteur non pétrolier». D’où des taux de croissance «soutenus», des revenus en devises d’un «montant inégalé», le tout conforté par le renforcement de la situation financière extérieure, l’accumulation des réserves et la poursuite du désendettement. «Cette bonne orientation de l’économie devrait se poursuivre en 2005», prévoit la Coface.

Une perspective qui crée un environnement plus favorable aux entreprises «dont le comportement de paiement s’améliore». Une fausse note cependant, le secteur privé reste «insuffisamment développé». Les analystes de la caisse française d’assurance y voient trois raisons: rigidités administratives contraignantes, «carences» du secteur bancaire dont on attend toujours la réforme et la concurrence d’un secteur industriel public «non rentable».

La perception de l’Algérie par la Coface est au rang des questions au menu des relations algéro-françaises. Tout au long de ces douze dernières années, les officiels algériens n’ont cessé de se plaindre de l’appréciation de l’assureur français. Une appréciation d’autant plus sévère à leurs yeux qu’elle pèse sur le regard des autres partenaires européens de l’Algérie. Les premières prestations de presse de Bouteflika avaient été marquées par des critiques sans ménagement à l’endroit de l’assureur. «Je n’aime pas la Coface», avait-il chargé, à l’été 1999, au micro du «Grand Jury RTL-Le Monde». Il avait récidivé en févier 2002 devant un parterre de chefs d’entreprises françaises réunis à l’initiative du Mouvement des entreprises de France (Medef, patronat).

Au plus fort des années de violence, la note algérienne a oscillé entre D et C. Il aura fallu attendre l’exercice 2000 pour qu’elle s’établisse à B sous le double effet de l’amélioration des indicateurs économiques. Le regard de la Coface en ce début d’année confirme l’amélioration déjà obtenue par le «risque Algérie» auprès d’autres organismes.

A l’OCDE, il est passé de cinq à quatre. Idem aux Etats-Unis où l’Eximbank a ramené la prime d’assurance «Algérie» de 5 à

 
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