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SIMPLIFICATIONSpar K.Selim, Le Quotidien d'Oran, 21 février 2010 Ainsi, il suffirait que la biologie relaie la politique pour que les relations algéro-françaises soient simplifiées C'est du moins ce qu'affirme le bouillant ministre français des Affaires étrangères dans une interview au Journal du Dimanche. Ah, si cela pouvait être vrai ! Si le passage des générations pouvait résoudre le problème de l'héritage empoisonné du colonialisme, on serait presque tenté d'accélérer le mouvement Mais est-ce vraiment le cas ? Les relations bilatérales extrêmement complexes, avec une part d'ombre au moins aussi importante que la partie éclairée, ne sont pas seulement déterminées par l'âge ou l'expérience politique de ceux qui sont aux commandes de ce côté-ci de la Méditerranée. En France même, beaucoup, et pas seulement des extrémistes exaltés, déplorent la persistance de superstructures néocoloniales qui dominent les élites politiques et économiques au pouvoir. Les générations qui sont au pouvoir en France n'ont pas connu la guerre d'Algérie, sinon dans leur enfance. Pourtant, les réflexes ont la peau dure et de nombreux Français d'origine arabe ou africaine ressentent leur vécu de marginalisation ou d'exclusion de facto comme le prolongement du statut de l'indigénat. Le problème des banlieues n'est pas un héritage de la colonisation, il est une manifestation très actuelle d'un type de rapports sociaux fondés sur l'appartenance raciale et religieuse. Les milieux qui défendent la théorie négationniste des «bienfaits» de la colonisation sont composés de politiciens relativement jeunes, mais tout aussi xénophobes que leurs aînés colonialistes. Le très suspect débat sur l'identité nationale a permis de constater que l'idéologie coloniale et de hiérarchie des races était toujours vivace et ne se limitait pas aux seuls cercles de nostalgiques de l'Algérie de papa. Il semble donc que les relations bilatérales ne soient pas - faut-il vraiment le déplorer ? - réductibles à l'âge de ceux qui les animent. La disparition des ultras et des «nostalgériques» permettra-t-elle de réduire les bases électorales des formations racistes en France ? Il n'y a pas d'animosité algérienne à l'endroit du peuple français ; que ses dirigeants veuillent ou non apurer leurs comptes historiques est une responsabilité qui leur appartient en propre. En matière de relations internationales, les symboles ont certainement une signification importante. Mais le recours au symbolique n'est payant que s'il est fondé sur une communauté d'intérêts et une convergence de vues minimales. Surenchérir dans le registre incertain des sentiments est sans doute gratifiant sur le plan du discours, mais l'efficacité d'une approche affective ou psychologique sur des relations d'Etats est discutable. La frustration induite par des envolées lyriques sans ancrage dans la réalité ne fait que compliquer des situations difficiles. Il est dans l'ordre des choses que les générations se succèdent, il est beaucoup moins évident de considérer qu'un changement de génération équivaudrait mécaniquement à un changement d'attitude déterminé par un effacement, même relatif, de la mémoire. Ceci est d'autant moins évident que le passé est ravivé par une actualité qui se repaît de stéréotypes et de raccourcis stigmatisants, qui n'ont d'autre effet que de montrer aux plus jeunes de ce côté-ci de la Méditerranée ce que l'on pense d'eux, de leur culture et de leur histoire...
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Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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www.algeria-watch.org
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