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L’HISTOIRE S’INVITE A L’APN La reconnaissance des crimes coloniaux exigéeLe Quotidien d'Oran, 25 mai 2005 La France s’est invitée, bien malgré elle, aux débats sur la déclaration de politique générale du gouvernement à l’Assemblée populaire nationale. «Reconnaissance des crimes commis par la France coloniale, demande officielle de pardon et réparation des préjudices», sont autant de demandes formulées par un certain nombre de députés. Profitant de la tribune de l’hémicycle Zighout Youcef, les parlementaires n’ont pas manqué de demander, durant les deux derniers jours, la reconnaissance par la France officielle des crimes commis en Algérie pendant la colonisation. L’interpellation est directement dirigée vers le gouvernement, à la veille de la signature d’un traité d’amitié entre l’Algérie et la France. Abdelkader Zidouk, élu du FLN, ouvrira la brèche, tard dans la journée du lundi, par une intervention portant, à la fois, sur la reconnaissance par la France des crimes commis en Algérie et par les groupes de pèlerins «pieds-noirs» qui visitent de plus en plus leurs lieux de naissance en Algérie. «Les juifs ont pu avoir cette reconnaissance pour les crimes nazis commis par Hitler de la part de l’Europe et plus particulièrement de la France et de l’Allemagne. Le peuple algérien attend toujours la même chose de la part de la France. Il faut que la France demande pardon non seulement pour les massacres du 8 mai 1945 mais également pour toute la colonisation», dira le député. Il estimera aussi que les Algériens doivent se préparer à «recevoir les pieds-noirs» de France. «Ce qui est bizarre c’est qu’ils ont des voix ici en Algérie et qui assurent de leur disponibilité. Les Algériens doivent également se préparer à leur demande de compensation pour les biens qu’ils avaient, s’ils ne les ont pas déjà récupérés. Ce qui ne peut en aucun lieu arriver», précisera-t-il. Abdelkader Zidouk interpellera directement l’exécutif sur l’arrivée des délégations de pieds-noirs à Alger, Oran, Constantine et Tlemcen. «Est-ce que le gouvernement est d’accord avec ce qui se passe actuellement en Algérie?», relèvera le parlementaire. Ces interrogations et requêtes ont été relayées, hier, par différents députés de formations politiques différentes. Tout en ne contestant pas l’activité diplomatique et la politique extérieure de l’Algérie, Mohamed Salhi, député d’El-Islah s’est interrogé sur «le but réel» des activités diplomatiques menées par le président de la République, le ministre des Affaires étrangères et les ambassadeurs. «La diplomatie vise à améliorer l’image de l’Algérie et nous avons dépassé ce cap. Elle vise aussi à attirer les investissements. Nous voulons attirer les investisseurs arabes, asiatiques, américains et européens. Malheureusement, la diplomatie algérienne n’a pas pu contraindre la France à reconnaître les crimes en Algérie tels que les massacres et la colonisation en général», regrettera le député. Les juifs ont pu contraindre l’Allemagne et la France à reconnaître leurs responsabilités. Nous demandons et nous demanderons encore la reconnaissance par la France et la demande de pardon». Tel que l’Allemagne ou le Japon concernant les crimes commis en Chine et en Corée du Sud, le parlementaire estimera que «tôt ou tard la France sera obligée de reconnaître et de compenser les Algériens». Il déplorera «le peu de courage de la diplomatie algérienne» qui n’a pas formulé cette demande. L’ancien président de la commission des affaires étrangères de l’APN, Sadek Bouguettaïa abondera dans le même sens. Il mettra en avant «les réactions négatives de certains journaux et de quelques officiels en France tel que le porte-parole officiel des Affaires étrangères», concernant les massacres du 8 mai 1945. «Le président de la République leur a donné la description véritable en déclarant qu’ils ont dépassé la cruauté des crimes nazis. Alors que nous sommes à la veille de la mise en oeuvre d’un traité d’amitié entre la France et l’Algérie, il faut que ce dernier soit précédé par la reconnaissance véritable par la France de ce qui a été commis en Algérie», précisera le député. Cette reconnaissance officielle de la France doit être, selon lui, à l’image du pardon demandé par le Japon à la Chine et à la Corée du Sud. On évoquait dans les coulisses de l’hémicycle Zighout Youcef, la décision d’un groupe de députés, toutes formations confondues, de soumettre une résolution en ce sens. Ces parlementaires veulent que les responsables algériens exigent de la France officielle «la reconnaissance des crimes commis par la France coloniale, demande officielle de pardon et réparation des préjudices». Samar Smati |
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www.algeria-watch.org
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