| |
|
Christine Lagarde, ministre déléguée au commerce,
aujourd’hui à Alger
La France défend sa position sur le marché algérien
Par Yasmine Ferroukhi, La Tribune, 26 juin 2005
Les relations algéro-françaises connaissent indubitablement ces derniers mois un dynamisme certain, notamment au plan économique. Soucieuse de préserver une place de choix sur le marché algérien, consciente aussi des profonds changements qui s’opèrent en Algérie en faveur de conditions plus attractives pour les investisseurs et qui ouvrent désormais la voie à de nouveaux concurrents, la France, qui pâtit actuellement d’une faible croissance «comme plusieurs de ses grands partenaires économiques et commerciaux en Europe», renforce sa stratégie de coopération avec l’Algérie.
A quelques jours de la venue de son confrère Thierry Breton, ministre de l’Economie, Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur arrive ce soir à Alger pour une visite de 2 jours, où elle rencontrera les ministres algériens des Finances, du Commerce et de la Promotion des investissements. Autant dire que l’essentiel de ses entretiens porteront immanquablement sur la conversion de la dette algérienne en investissements, probablement des prises de participations partielles ou totales dans des entreprises algériennes destinées à la privatisation. Pour rappel, la dette algérienne auprès du Trésor français s’élève à 5 milliards de dollars. Mme Christine Lagarde a confié, dans un entretien exclusif accordé à la Tribune, que les priorités de cette coopération portent sur les secteurs de «l’eau potable et assainissement, les transports publics [métro et train] et les télécommunications».
La mission économique auprès de l’ambassade de France à Alger reste de son côté extrêmement attentive à tous ces changements et multiplie ses activités en faveur d’un partenariat algéro-français des plus avantageux qui s’appuie essentiellement sur la promotion des petites et moyennes entreprises.
Dans le numéro 116 de mars 2005, la publication de la mission économique Lumières d’Algérie revient sur l’évolution des IDE (Investissements directs étrangers) en Algérie début 2005 et constate que «l’ouverture de l’économie algérienne et l’amélioration des conditions sécuritaires favorisent le développement des IDE». Citant le directeur de l’ANDI, Agence nationale de développement des investissements, la publication indique que «les premiers grands projets d’IDE hors hydrocarbures annoncés pour 2005 s’élèvent à 1,8 milliard de dollars contre 2 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2004» et où «les entreprises françaises occupent une place prépondérante». Parmi ces projets, celui des 36 hôtels de type Ibis du groupe français Accor d’une valeur de 173 millions d’euros. Au sujet de la conversion de la dette algérienne, que la partie française considère comme étant «un outil de promotion de l’investissement français au service des entreprises», la publication de la mission économique indique que «le gouvernement français propose aux entreprises françaises un outil financier d’encouragement à l’investissement en Algérie». Pour rappel, l’accord de conversion de la dette en investissement a été signé à Alger en décembre 2002 et représentait un engagement financier de 61 millions d’euros offrant à la fois une bonification aux entreprises françaises et «une aide au développement par le désendettement» à l’Algérie.
Il s’agit d’un accord portant initialement sur 61 millions d’euros et qui s’est vu prolonger par la signature conjointe, en juillet 2004, des ministres algérien et français de l’Economie, à 288 millions d’euros. Les avantages que comporte cet accord pour les entreprises françaises sont ceux de pouvoir «disposer de ressources longues en monnaie locale, achetées directement à la France en euros à un taux bonifié», tel qu’expliqué par Lumières d'Algérie.
Y. F.
|
|
Algérie, chasse gardée de la France
|