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À PROPOS DU CLIMAT DES AFFAIRES «L’Algérie est un pays financièrement sain»L'Expression, 01 avril 2007 Plusieurs entreprises françaises souhaitent venir investir en Algérie. Les relations économiques algéro-françaises sont de plus en plus ambitieuses. Ce constat émane de Son Excellence l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, invité à notre rubrique «A coeur ouvert». Les échanges commerciaux ont atteint 8 milliards d’euros en 2006. La France est le premier fournisseur de l’Algérie avec une part de marché de 20%. Les exportations françaises vers l’Algérie ont, pour leur part, un peu diminué, selon M.Bajolet, passant de 5 milliards d’euros en 2005 à 4 milliards d’euros en 2006, alors que les exportations algériennes vers la France (hydrocarbures inclus) ont atteint le même niveau c’est-à-dire 4 milliards d’euros. «Les échanges commerciaux ont été équilibrés, ce qui est nouveau», a souligné notre invité. S’agissant des flux d’investissements en Algérie, la France est le premier investisseur en Algérie, hors hydrocarbures, avec 245 millions de dollars en 2006. Si on inclut les hydrocarbures, la France est le deuxième investisseur derrière les Etats-Unis avec un flux d’investissements de 368 millions de dollars et la France avec 294 millions de dollars. Ces flux d’investissements français évoluent, avec une hausse de plus de 110% en 2006. «Ca va encore augmenter», lancera le diplomate français à Alger. Ce sont des investissements qui se développent donc de façon importante. Pourtant, les responsables algériens considèrent que ces investissements restent encore en deçà des opportunités offertes par le marché algérien. Notre invité avance plusieurs facteurs auxquels se heurtent les opérateurs français. Il citera la lenteur administrative, le problème du foncier, le secteur informel, la contrefaçon et le système bancaire qui n’est pas satisfaisant. Sur ce dernier point, M.Bajolet a indiqué que la forte présence des banques françaises en Algérie, entre autres Société Générale et BNP Paribas, traduit la volonté de son pays «à donner un coup d’accélérateur à la réforme financière algérienne». D’ailleurs, la France figure parmi les partenaires stratégiques intéressés par la privatisation du Crédit Populaire Algérien (CPA). «Il s’agit des groupes français Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole et Natexis», affirmera M.Bajolet qui estime que notre pays fait de gros efforts pour assainir son climat des affaires. Preuve à l’appui, notre invité parle d’une Algérie désendettée: «L’Algérie est un pays financièrement sain», a-t-il déclaré. D’ailleurs, précisera-t-il, plusieurs entreprises françaises souhaitent venir s’installer sur le marché algérien et investir dans différents secteurs, en particulier dans l’agroalimentaire, la pharmacie et peut-être l’automobile. Revenant sur le contentieux AXA-SAA, Bernard Bajolet a révélé qu’une réunion entre les deux parties aura lieu le 25 avril prochain, avec pour perspective de trouver une solution finale au problème. Par ailleurs, l’ambassadeur de France en Algérie a qualifié la coopération dans le domaine énergétique d’excellente. Il donnera l’exemple des relations entre Sonatrach et Gaz de France. Notons également que la société nationale Sonatrach créera une société de distribution du gaz en France dans les prochains mois. Notre invité a annoncé dans ce sens que le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, se rendra prochainement en Bretagne pour assister à l’inauguration du terminal au port de Montoire-de-Bretagne. Réagissant à l’idée de la création d’une Opep du gaz, M.Bajolet considère que ce n’est pas dans la logique sachant que le prix du gaz est indexé aux prix du pétrole. «Manifestement, le gaz exige une relation de confiance», indiquera-t-il en annonçant qu’il a rencontré M.Khelil dans ce sens. Le ministre l’a assuré en fait que l’objectif n’est pas de monopoliser le marché gazier. Le développement du nucléaire en Algérie a été également évoqué par notre invité. Pour lui, c’est une perspective importante pour notre pays qui «pense déjà à l’après-pétrole». La coopération avec la France concernera, selon M.Bajolet, le nucléaire civil sachant que la France est un des leaders mondiaux. «Pour le moment, l’Algérie ne nous a rien demandé. Si elle marque son intérêt, nous ne nous déroberons pas», conclura notre invité. Fatiha AMALOU
COOPÉRATION CULTURELLE «Excluons tout sujet tabou»L'Expression, 01 avril 2007 La culture est ce qui reste lorsque tout est dilué. C’est ce que pense sans doute l’ambassadeur de France, parlant de la coopération algéro-française. «Aucun accord culturel n’est aussi ambitieux que celui que nous allons proposer à l’Algérie», a souligné l’ambassadeur de France en Algérie, avant de poursuivre que, «pour la France, le Maghreb est un partenaire stratégique et l’Algérie, particulièrement, a une part importante dans cet échange». M.Bernard Bajolet a tenu à faire ces déclarations lors du débat «A coeur ouvert» organisé lundi dernier par notre quotidien L’Expression. La France désire se rapprocher de l’Algérie via le pôle culturel. Potentiellement, c’est indéniable. Pour ce faire, «il faut travailler concrètement», dira M.Bernard Bajolet, qui ajoutera: «Nous allons renégocier avec l’Algérie la convention dite Accord de coopération culturelle, qui date de 1986. Nous allons transmettre à la partie algérienne de nouveaux textes de conventions qui définiront les objectifs prioritaires en commun pour les 5 années à venir en matière de coopération. Ce sont des textes liés aux différents aspects de cette coopération dans le domaine culturel certes, mais aussi de l’information, de l’économie, des finances et de la sécurité». Et de faire relever avec conviction: «Je crois pouvoir dire qu’aucun autre accord n’est aussi ambitieux que celui que nous allons proposer à l’Algérie.» Comme l’indiquait récemment M.Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, la France vise à renforcer son partenariat avec le Maghreb. Aujourd’hui, les autorités françaises affichent clairement leurs intentions de rapprochement et d’approfondissement de leur relation avec le Maghreb et ce, en développant une culture de «l’image». Cela se traduit sur le terrain par la nette volonté du groupe Canal+, notamment et sa filiale pour l’international Media Overseas, de lancer ses chaînes au Maghreb en les commercialisant à des prix réduits. S’agissant de contrer l’hégémonie de la langue anglaise, M.Bajolet répond, fair-play: «On ne ressent aucune concurrence ni jalousie. Il est légitime que l’Algérie ait d’autres partenaires. La relation entre la France et l’Algérie n’est pas exclusive. C’est naturel. Si l’anglais permet aux Algériens de s’ouvrir sur le monde, c’est tant mieux.» Il n’empêche que Son Excellence reconnaît toutefois volontiers, que l’audiovisuel est un bon tremplin pour le développement de la francophonie dans le monde. Et d’estimer tout de même: «C’est à nous de faire plus d’effort en communication afin de faire mieux connaître ce qu’on fait, ce qui va peut-être rafraîchir notre image. C’est à la France de veiller à maintenir la place du français en Algérie. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’effort à faire. Cet effort doit toucher tous les niveaux, les médias, le livre, l’enseignement supérieur...». Si beaucoup de choses sont en train de se faire au niveau des médias, le cinéma, lui, s’est emparé de cette culture de «l’image». M.Bajolet évoque les nombreuses coproductions entre l’Algérie et la France qu’il convient d’encourager. Les mémoires se délient. Aujourd’hui, beaucoup de films sur ou autour de la guerre d’Algérie sont tournés. Même s’il reste encore des choses à faire, une certaine chape de plomb a été levée. «Cette mémoire doit être partagée. Le plus grand chemin à faire est celui des Français, mais cela ne veut pas dire que les Algériens n’ont aucun chemin à faire. On a tout de même progressé. On n’est pas au bout du chemin. Il faut regarder l’histoire en face pour être en paix avec son passé et construire le futur. C’est par toute chose concrète que ce travail de mémoire doit se faire. Il faut qu’il n’y ait aucun sujet tabou entre l’Algérie et la France». Voilà qui est dit! Peut-être que là où la politique a échoué, le traité d’amitié, entre autres la culture, elle, réussira-t-elle à ressouder les liens entre l’Algérie et la France? Enfin, O. HIND
TRAITÉ D’AMITIÉ «Il faut un coup de bistouri»L'Expression, 01 avril 2007 L’ambassadeur de France à Alger estime qu’il faut dépassionner les débats et travailler ensemble pour construire une mémoire commune. La signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France n’est pas pour demain. La question ne sera pas tranchée avant l’élection du nouveau président de la République française. Souhaité par les présidents Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac et annoncé en mars 2003, lors de la visite du chef de l’Etat français à Alger, le traité de «partenariat d’exception» a été bloqué par la polémique suscitée par la loi française du 23 février 2005, évoquant le «rôle positif» de la colonisation. L’article contesté a été, certes, abrogé mais les négociations restent en panne. Et le traité d’amitié a été, depuis, renvoyé aux calendes grecques. «C’est une question qui sera posée tout de suite au prochain Exécutif. C’est à lui qu’il appartiendra de trancher sur l’idée du traité d’amitié», a souligné l’ambassadeur de France, qui ne désespère pas de voir aboutir ce fameux traité d’amitié. «Il appartiendra aux gouvernements de part et d’autre de décider s’il conviendra de le relancer», souligne Bernard Bajolet. Smail ROUHA M.BERNARD BAJOLET, AMBASSADEUR DE FRANCE EN ALGÉRIE «Notre objectif: des visas dans l’immédiat»L'Expression, 01 avril 2007 Il révèle avoir demandé aux autorités algériennes de faire preuve de réciprocité concernant la délivrance des visas pour les Français. «Notre objectif est de faciliter la circulation des personnes entre l’Algérie et la France, sans perdre de vue l’autre souci, celui de limiter l’immigration illégale. Il nous semble que ces deux préoccupations sont tout à fait compatibles», affirme l’ambassadeur de France en Algérie, M.Bernard Bajolet. Achira MAMMERI |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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