ÉLECTIONS LÉGISLATIVES

Des centaines de candidatures rejetées

L'Expression, 16 avril 2007

Même les listes de l’Alliance n’ont pas été épargnées.

Les partis politiques dits de l’opposition -ou ce qui en reste- ainsi que les listes indépendantes ont subi le carnage. Leurs candidats ont été éliminés par centaines. L’administration a fait un véritable toilettage où seuls les candidats très clean ont pu passer à travers ses mailles. Mais l’opération a touché, cette fois-ci, les partis de l’Alliance qui sont censés être à proximité du pouvoir ou dans sa superficie.
Les responsables de ces partis reconnaissent, à demi-mot, qu’ils n’ont pas eu les mains libres pour aligner les candidats de leur choix. On a vu le FLN et le RND mettre sur leurs listes tous les apparatchiks, même ceux qui ont un pied dans la tombe, comme s’il s’agissait de l’ultime répartition des richesses et qu’un nouveau pouvoir - une caricature turque- allait s’installer dès 2009 et fermerait définitivement les portes aux opportunistes de tout bord. L’administration a achevé la gigantesque oeuvre d’assainissement. Ce qui s’est produit la semaine dernière à Chlef est révélateur. La liste du FLN a été complètement remodelée alors qu’il n’y a avait qu’un seul recours.
L’administration autant que les candidats ont enfreint la loi sans que la direction du parti ne daigne bouger le petit doigt. Le deuxième de la liste du RND a été également éliminé alors qu’il était chef du bureau de wilaya.
Le RND a perdu un autre candidat dans la wilaya limitrophe, Aïn-Defla, pendant que le FLN perd trois à la fois à Blida et un cinquième à Khenchela.
Le PT, le FNA et les autres partis qui apparaissent en saison électorale, ont vu des candidats tomber des listes par dizaines. Mais que peuvent-ils faire lorsqu’on leur rétorque que les partis de l’Alliance y ont laissé des plumes?
Le FLN vous dira, par la voix de son chargé de la communication, que «l’administration nous traite sur un pied d’égalité avec les autres partis». Aurait-on espéré mieux?
Le FLN, dont le secrétaire général est chef du gouvernement, est assez vulnérable en raison des guerres intestines qui le laminent depuis la dernière présidentielle. Comme on l’a vu lors de la confection des listes, l’anarchie était à son comble. Belkhadem n’a pas pu asseoir son autorité.
Le RND n’est pas mieux servi. Par contre, au MSP, on affirme avoir laissé faire librement la presque totalité de ses listes pourvu qu’il ne franchisse pas les lignes rouges. Il a mis beaucoup de nouveaux, dans sa gamme tout en gardant des figures connues dont certaines sont à leur troisième mandat. Mais la grande victime des purges reste El Islah, tendance Djaballah.
Ses listes indépendantes ont été carrément éliminées. Il devra prendre son mal en patience pendant les cinq années à venir, si des législatives anticipées n’ont pas lieu d’ici là.
La nouveauté dans ces élections-ci est que le tout-Etat revient en force dans le choix des candidats pour meubler une APN sans prérogatives législatives et sans pouvoir de contrôle. Avec du recul, on comprend pourquoi le mode de scrutin n’ a pas été amendé.

Abdelkader HARICHANE

 
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