SAID SADI A PROPOS D'UNE EVENTUELLE PARTICIPATION DU RCD AU GOUVERNEMENT

"Pas dans les formes actuelles, mais ça se discute"

Le Soir d'Algérie, 10 avril 2007

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, a réitéré, hier, à l’occasion de sa prestation au Forum de la Radio Chaîne I, que son parti n’est pas prisonnier d’une attitude principielle s’agissant d’intégrer ou pas le gouvernement. Il a expliqué que «le gouvernement est d’abord une alliance, un consensus, fruit d’une concertation publique et transparente», ajoutant que «pour nous, la question est de savoir avec qui, comment et à quel moment il faudra le faire».
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Ce qui reste, en revanche, quasiment tranché chez Saïd Sadi, c’est que son parti ne postule pas à élargir l’Alliance présidentielle, configurée il y a plus de trois ans maintenant. La raison est, considère-t-il, qu’elle ne repose pas sur un consensus programmatique. «A chaque fois que les responsables des partis de l’Alliance se rencontrent, c’est la catastrophe », a-t-il souligné. Saïd Sadi, qui fait donc preuve d’un pragmatisme par rapport à la question du gouvernement, avoue, par ailleurs, que sa formation politique reste disponible pour la concertation avec l’ensemble des segments de la classe politique, à la seule condition que ces derniers jouissent de la légalité. Autrement dit, les rapports que le RCD ambitionne d’entretenir avec le reste des partis politiques ne souffriraient désormais point de clivages idéologiques. Et c’est fort de cette évolution que le parti préconise déjà une consultation élargie afin de dresser un audit national. Le RCD, nous apprend Saïd Sadi, consentira un effort parlementaire pour la cristallisation de cette perspective. Il en fera même l’une des priorités, à l’instar d’une proposition, après concertation des partenaires parmi les partis politiques, relativement au retour au week-end universel, avec l’aménagement d’une tranche horaire pour la prière du vendredi. Au plan de la préoccupation plutôt partisane, Saïd Sadi estime qu’il est impératif de doter l’institution parlementaire d’un nouveau siège. «Aujourd’hui, dans l’hémicycle Zirout-Youcef, le député ne dispose même pas d’un bureau où travailler ou recevoir. Il ne peut pas y avoir une vie ni une activité parlementaire à proprement dit dans de telles conditions», a-t-il dit, enchaînant par revendiquer des assistants parlementaires pour les députés. Le président du RCD demeure, sur un autre plan, toujours convaincu que ce n’est pas en imposant le silence autour du terrorisme, comme la charte pour la paix et la réconciliation nationale a poursuivi de le faire, que le problème sécuritaire va se régler. «Il ne faut pas être démagogique au point de dire que le problème sécuritaire est réglé. Hier encore, 9 militaires ont été assassinés à Aïn Defla», a-t-il fait remarquer. Interrogé sur les craintes de fraude que d’aucuns expriment, le patron du RCD a estimé que la fraude aura lieu et qu’il s’agira, les élections arrivées, de voir comment atténuer de son ampleur. «Quand on assiste à certains comportements de l’administration, il y a de quoi nourrir la crainte. Il y a des listes partisanes de candidatures qui ont été déposées au niveau des wilayas après l’expiration du délai légal imparti au dépôt. Nous allons saisir le ministère de l’Intérieur.» Invité à donner son appréciation quant au pullulement des listes indépendantes pour les prochaines élections législatives, Saïd Sadi, contrairement à Ahmed Ouyahia ou encore Louisa Hanoune, a estimé que la loi permettait à tout citoyen de se porter candidat. C’est tout ce qu’il y a de légal. Il aura la même réponse quant à l’entrée en lice en Kabylie des listes «labellisées» arouch. Saïd Sadi dit, par ailleurs, respecter la décision du FFS de boycotter les élections législatives. «Il faudra que même ceux qui ont choisi de boycotter puissent s’exprimer dans les médias lourds, pour expliquer et défendre leurs choix et attitudes.» Enfin, sur les places et scores électoraux que se sont déjà attribués Ouyahia et Soltani, le président du RCD dira que «c’est de la propagande, car, en l’absence de vrais sondages, il faut vraiment être devin pour ainsi prédire des scores».
S. A. I.

 
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Elections 2007  
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