Le FLN rend publique la liste de ses candidats aux législatives :

Belkhadem laisse apparaître son désaccord avec Bouteflika

par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 2 avril 2007

«Je laisse au président de la République l’entière responsabilité de déterminer ce qu’il veut faire de l’avenir de ce pays», a déclaré hier le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) lors de la conférence de presse qu’il a animée tard dans la journée au siège du parti à Alger.

La déclaration, qui n’a pas manqué de surprendre l’assistance, a été faite par M. Abdelaziz Belkhadem en réponse à une question sur sa non-candidature aux élections. Laissant entendre que la base du parti l’a vivement encouragé à se présenter, le secrétaire général resta toutefois évasif sur les raisons qui l’ont amené à ne pas répondre aux sollicitations de la base.

Belkhadem a eu également les mêmes difficultés pour justifier le «dégommage» de l’actuel président de l’APN, Amar Saâdani, tête de liste à El-Oued. «C’est le choix du parti», se contenta-t-il de répondre. M. Belkhadem s’empressa toutefois de préciser que le président de la République, en sa qualité de président d’honneur du FLN, a un droit de regard sur la première mouture des listes des candidats du FLN.

Invité par les journalistes, qui revinrent à la charge, à s’expliquer sur ce qu’il veut dire par «je laisse le choix au Président…», M. Belkhadem a juste répondu : «C’est pourtant clair !» C’est un véritable pavé dans la mare que vient de jeter le patron du FLN en cette veille du 8e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Bouteflika.

Demeurant sur leur faim, les journalistes, ne lâchant pas prise, chargent un Belkhadem très embarrassé, en vain. Pour ce dernier, il faut tourner la page et laisser «le temps au temps»… Peut-être que vous voulez être vice-président et que la future Constitution prévoit ce poste ? A cette question, Belkhadem s’empressa de répondre sur un ton coléreux : «Au FLN, nous n’avons jamais réclamé le poste de vice-président, et je n’ai jamais de ma vie, moi-même, réclamé ce poste.

Même la mouture préparée par le parti et adressée au président de la République ne propose pas ce poste. Je ne vois pas alors ce qui nous mènera à attendre quoi que ce soit dans ce sens.» L’unique interprétation qui a circulé au siège du FLN hier à cette sortie de Belkhadem est que le président de la République se serait opposé à la candidature du chef du gouvernement ainsi qu’à celle du président de l’APN.

Une hypothèse qu’aucune voix autorisée du parti n’a confirmée ou infirmée. Interrogé sur les raisons du placement de chaque ministre FLN tête de liste, M. Belkhadem avança une explication qu’il juge être logique : «Nous avons 15 ministres au gouvernement et 48 wilayas, et le fait d’avoir placé nos ministres têtes de liste dans les wilayas ne veut nullement dire que nous voulons assurer leur avenir.

De plus, au FLN, c’est le parti qui fait les hommes et non le contraire.» «Le fait d’avoir opté pour le dépôt des listes à la dernière minute» a été décidé sciemment par la direction du parti pour éviter les listes d’indépendants.

«Au FLN, nous sommes habitués aux élections et nous savons pertinemment que, dans chaque compétition de ce genre, nous devons inéluctablement laisser des plumes (…) C’est vrai que nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde et que nous avons sûrement pu nous tromper sur certaines personnes, et c’est tout à fait normal et attendu qu’il y ait de la colère», affirma-t-il.

La commission d’étude des dossiers de candidature, installée par la direction du parti, a eu à étudier 4 487 dossiers. Un nombre impressionnant où l’on compte 525 candidats qui ont été retenus, dont 13,71 % de femmes, 12,19 % de moins de 40 ans, 6,67 % d’anciens moudjahids et 75,46 % d’universitaires.

M. Belkhadem affirma en conclusion que son parti est déterminé à user de tous les moyens «réglementaires pour que le FLN reste le parti majoritaire dans toutes les institutions de l’Etat». S. H.

 
Version imprimable
Elections 2007  
www.algeria-watch.org