Les partisans de Djaballah seront présents aux élections avec 20 listes :

Les légalistes du MRN se présentent sous la coupe du MNND

par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 3 avril 2007

Celui que Zerhouni a propulsé président du MRN à la place de Djaballah affiche sa disponibilité à intégrer le futur gouvernement qui sera formé après les législatives. Le nouveau président d’El-Islah intronisé par l’Administration, Mohamed Boulahia, a affirmé faire confiance au gouvernement de Belkhadem pour préparer les élections législatives.

Invité, hier, du forum de la Chaîne I, M. Boulahia a déclaré que sa formation politique ne «voit aucun inconvénient à ce que l’actuel staff gouvernemental soit maintenu». L’essentiel pour lui est de respecter les règles du jeu et de faire la distinction entre les actions partisanes et les prérogatives ministérielles et d’éviter autant que faire se peut les «pratiques frauduleuses».

Evoquant la fraude, M. Boulahia affirme que celle-ci a toujours été «omniprésente» dans toutes les élections organisées en Algérie. Cependant, elle a tendance à disparaître dans la mesure où les partis politiques et même le système ont compris que seul l’esprit compétitif doit régner pour «garantir la stabilité du pays et de ses institutions».

«La fraude sera sûrement au rendez-vous, même pour ces législatives, mais je peux vous garantir que ce ne sera pas avec la même ampleur que durant les fois précédentes puisque beaucoup de choses ont changé et même les mentalités ont évolué», a-t-il affirmaé.

Interrogé à propos la Commission nationale de surveillance des élections qui doit être prochainement installée, M. Boulahia estime «ne pas comprendre à quoi sert vraiment cette commission. Tant que les partis qui ne participent pas aux élections ne sont pas empêchés d’y siéger, elle demeurera un fonds de commerce.» M. Boulayia a ensuite affiché la totale disponibilité de son parti à intégrer le gouvernement qui sera formé après les élections.

El-Islah avait, rappelons-le, refusé depuis sa création d’intégrer le gouvernement. Un choix qui, selon M. Boulahia, «était l’œuvre de Djaballah seul. Ce dernier n’a jamais pris la peine de consulter les instances du parti». «Si nous considérons que notre intégration au prochain gouvernement apportera un plus pour notre pays, nous n’hésiterons pas une seconde», ajouta-t-il.

Pour lui, «les islamistes n’ont aucun intérêt à demeurer éternellement dans l’opposition». Pour ce qui est de la confection des listes du parti, M. Boulahia reconnaît que la majorité des actuels députés ont été reconduits, et en tant que tête de liste dans diverses wilayas.

«Les députés de notre parti ont accompli un travail appréciable lors de la présente législature. On devait donc leur donner une autre chance pour se maintenir.» A propos des turbulences que traverse le parti, M. Boulahia estime que Djaballah aurait dû présenter sa démission dès le début de la crise pour se conformer au choix de la base.

«Tant que les chefs des partis politiques s’adonnent à la dictature et n’instaurent pas la démocratie, d’abord au niveau interne, nous ne pourrons pas nous plaindre de l’absence de démocratie dans notre pays.» Il a ajouté au passage que l’accusation portée par Djaballah contre sa personne le qualifiant d’être «l’envoyé du système pour le détruire», était un subterfuge pour masquer sa défaite.

S. H.

 
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Elections 2007  
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