Libre circulation des personnes, opportunité d’affaires et tourisme

Al-Kadhafi ouvre la Libye aux Algériens

Par : Djilali Benyoub, Liberté, 11 avril 2007

Nombre de mémorandums d’entente et de programmes ont été signés, lundi, à la clôture de la 12e réunion de la commission exécutive algéro-libyenne.

Léger réchauffement des relations entre Alger et Tripoli à la faveur de la 12e réunion de la commission exécutive algéro-libyenne avant-hier à Tripoli. La satisfaction a sanctionné cette rencontre clôturée, lundi, avec la signature de plusieurs mémorandums d’entente et des programmes exécutifs, qui intervient après une période de crise marquée particulièrement par ce que l’on a appelé l’ingérence à peine déguisée du Guide libyen dans ce qui est connu par l’affaire du Grand-Sahara, affaire qui s’est soldée par la plainte contre le quotidien Echourouk El-Youmi. Cette première dans l’histoire de la presse algérienne a donné lieu à des réactions de certains responsables politiques à l’image de l’ancien Chef du gouvernement qui a situé sa position dans la case “nationaliste”. Désormais, les choses semblent rentrer dans l’ordre. Jusqu’à quand ?
La 12e session, alors qu’elle intervient dans un moment de froid entre Alger et Tripoli, a été sanctionnée néanmoins par la signature de plusieurs documents que le Chef du gouvernement, M. Belkhadem, qui l’a coprésidée, a promis de mettre en œuvre. Un accord a été signé dans le domaine des transports pour renforcer la coopération dans le transport maritime, les ports, la formation et les échanges dans le domaine de la sécurité, selon M. Messahel cité par l’APS.
Dans le domaine agricole, un mémorandum a été signé entre lnra et le Centre de recherches agricoles et zootechniques en Libye. Il porte sur la consolidation de la coopération dans le domaine de la recherche scientifique, la formation et l’échange des expériences. Un autre a été signé dans le domaine du travail et des relations professionnelles, deux programmes, biennal 2007-2008, dans le secteur de la jeunesse et des sports, triennal 2007-2009 dans le domaine de l’information, des journées culturelles sont prévues dans les deux pays. L’éducation et la formation professionnelle ont fait au même titre que le tourisme l’objet de deux programmes exécutifs.
Le volet politique, le plus important et le plus sensible a été évoqué, selon M. Belkhadem. Mais il n’en dira pas plus, se contenant de la formule “concertations sur les questions d’intérêt commun” ou de “la construction maghrébine”. Il s’agit vraisemblablement des questions liées à la libre circulation des personnes, les frontières, les sommets et les ratages de l’UMA, l’Union africaine et la Ligue arabe.
Si le constat du réchauffement est là, il n’en demeure pas moins que l’attitude d’Al-Kadhafi a souvent consisté à souffler le chaud et le froid dans ses rapports avec ses voisins et les pays de la sphère arabe. De l’Algérie jusqu’à l’Égypte en passant par l’Arabie Saoudite et le sommet de Riyad qu’il avait boycotté, cette attitude n’incite qu’à la méfiance et à la prudence. Bien des revirements ont marqué l’histoire des relations de la Libye avec ses voisins depuis l’accession d’Al-Kadhafi au pouvoir.
À l’occasion de cette la 12e session de la commission exécutive algéro-libyenne, le Guide libyen semble enfin se remémorer la position de l’Algérie qui a tout fait durant les années de la crise de Lockerbie de desserrer l’étau sur la Libye alors sous embargo et dans un isolement international.
En plus de la représentation diplomatique, l’Algérie a plaidé la cause libyenne partout, y compris dans les institutions internationales. Plusieurs initiatives ont été entreprises, même celle de violer l’embargo aérien et sur les transports. Cette inconfortable position a été maintenue jusqu’au dénouement de l’affaire. Malgré la difficile période des années 1990, l’Algérie, elle aussi, plongée dans un isolement suite au terrorisme, n’a pas lâché la Libye. Position de principe qui n’a pas eu d’effet de réciprocité comme attendu. Bien au contraire, l’opacité de la politique libyenne a laissé planer le doute quant aux intentions du guide qui a joué la reconfiguration, tout au moins, des axes dans la région maghrébine. Cela se poursuivra par intermittence jusqu’à l’affaire du Grand-Sahara, l’instauration des visas pour les étrangers, y compris les ressortissants maghrébins rectifiée à peine annoncée et le retour tout récemment à Aggadès sur cette ambition de regrouper les Touareg dans la dynastie fatimide à restaurer.
Aucune tentative n’est parvenue à calmer les ardeurs d’Al-Kadhafi qui a habitué le monde par ses surprises, mais surtout sa propension à dire ou faire une chose et son contraire. Ce qui réduit considérablement la confiance en ce pays et en ses dirigeants.

Djilali B.

 
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