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ABDELKADER MESSAHEL RENCONTRE LES AMBASSADEURS DE L’UE Appui européen à la réconciliation nationaleLe Quotidien d'Oran, 7 septembre 2005 Les pays de l’Union européenne viennent de faire une entrée plus que notable et inattendue dans le débat sur la réconciliation nationale et le référendum du 29 septembre prochain. Au terme d’une réunion entre certains ambassadeurs de l’UE et Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, hier, les représentants des pays membres en Algérie ont estimé que l’initiative est «louable» et «très positive». Les dix-neuf ambassadeurs et diplomates des pays membres de l’UE viennent de fait d’apporter leur appui à l’initiative du président de la République même si contrairement aux usages diplomatiques, ils interviennent dans un débat national. Cette réunion avait un objectif clair et précis: expliciter aux ambassadeurs et diplomates accrédités à Alger, le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale ainsi que les objectifs attendus de cette initiative. Et il revenait à Abdelkader Messahel de s’y coller. Si la rencontre s’est passée à huis clos, le ministre ne soulignera pas moins, «l’intérêt particulier» porté par les «partenaires» et «voisins de l’Algérie» à ce qui se passe dans le pays. Abdelkader Messahel aura mis en exergue devant les diplomates européens, «la portée de cette initiative et ses répercussions bénéfiques, non seulement pour le peuple algérien, mais pour la stabilité de la région et également pour le renforcement de la coopération entre le sud et le nord de la Méditerranée». En d’autres termes moins diplomatiques, il y va de l’intérêt des Européens d’avoir un partenaire stable et sûr. D’autant que l’UE est le premier partenaire de l’Algérie. Pour Abdelkader Messahel, l’intérêt porté par les Européens au projet ne reflète nullement une «interférence» ou une «ingérence» dans les affaires internes du pays mais plutôt le souci, côté européen, de comprendre les enjeux de la réconciliation nationale. Côté algérien, il s’agit surtout d’expliciter la démarche au premier partenaire de l’Algérie. Apparemment les pays représentés appuient la démarche. «Je crois que c’est un évènement très positif pour l’avenir de l’Algérie», a déclaré à l’APS, Juan Lena, l’ambassadeur d’Espagne. Pragmatique le représentant du Royaume ibérique ne manquera pas de relever le caractère stratégique du projet avec une vision particulière sur les priorités. «Ce grand projet (...) engage tout le monde pour faire aboutir les réformes, (asseoir) la démocratie et la stabilité et tourner la page de la violence et de l’insécurité», a souligné l’ambassadeur. Abdelkader Messahel, a ajouté le diplomate espagnol, «nous a dit à quel point la charte faisait partie d’un grand élan national pour la consolidation de la paix». Juan Lena soulignera, par ailleurs, que tous les ambassadeurs présents à la réunion ont «un sentiment positif concernant l’initiative de la charte». La France, par la voix de son ambassadeur à Alger, Hubert Colin de La Verdière, a également salué «la volonté de réconciliation nationale des Algériens avec eux-mêmes». Le diplomate français précisera, dans ce cadre, que «le référendum qui se présente est interprété par nous comme se situant dans le cadre d’une politique que nous n’avons cessé d’appuyer». Néanmoins, Hubert Colin de La Verdière ne manquera pas de mettre en avant le caractère souverain du processus de réconciliation initiée par l’Algérie afin d’éviter toute mauvaise interprétation de cette rencontre. «Nous devons éviter toute interférence, toute ingérence, et bien comprendre que c’est au peuple algérien de s’exprimer, et ensuite aux représentants du peuple algérien de se prononcer sur les textes que la charte se propose de donner mandat au Président de préparer», a expliqué M. de La Verdière. Pour sa part, Johannes Westerhoff, l’ambassadeur d’Allemagne, a estimé que «l’initiative de réconciliation nationale est louable». Le diplomate allemand est même catégorique à ce sujet. «Qui peut être contre un projet de réconciliation nationale? Personne», a-t-il souligné. Avec le flegme qui caractérise les représentants de la couronne britannique, Nick Low, le chargé d’affaires du Royaume-Uni a souligné que la réunion «nous a permis de nous mettre à jour» en ce qui concerne la situation en Algérie. Sans se prononcer sur l’initiative, il précisera que «le Royaume-Uni veut travailler avec l’Algérie pour vaincre le terrorisme international (...) Nous avons un problème commun et ensemble on peut travailler pour le vaincre». Si les Européens affichent clairement, aujourd’hui, leur appui à cette initiative, c’est que l’enjeu les concerne indirectement. Un intérêt à la fois politique et économique, marqué par l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne, le 1er septembre dernier. Samar Smati |
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