L’instruction se poursuit au tribunal de Bir Mourad Raïs

Le P-DG de BRC sous mandat de dépôt

Le Jour d'Algérie, 1 avril 2007

Le sort de Brown Roots and Condors (BRC) semble un mystère qui s’épaissit davantage, malgré les propos «rassurants» du ministre algérien de l’Energie et des Mines, Chakib Khellil.

Le nouvel épisode de ce désormais «feuilleton» serait, cette fois, selon une source crédible, la mise sous mandat de dépôt du P-DG de cette société algéro-américaine spécialisée dans l’engineering. On ne connaît pas les motifs réels de cette incarcération ; peu de temps après les sorties médiatiques, ce ministre a tenté de «minimiser» l’importance des résultats des investigations menées par l’Inspection générale des finances (IGF) concernant certains marchés publics obtenus par cette société mixte auprès d’institutions, dont justement le ministère de tutelle dont les deux tours du nouveau siége auraient coûté la somme de 40 milliards de centimes chacune au contribuable. Les résultats de ces investigations avaient été communiqués au parquet de Bir Mourad Raïs qui a ouvert une instruction judiciaire. Plusieurs personnes ont été auditionnées par ce tribunal. Les résultats de cette instruction qui suivrait son cours n’ont pas été rendus publics. Entre temps, il y a eu des propos du ministre algérien de l’Energie et des Mines selon lequel, «l’IGF n’est pas habilitée à déterminer s’il y a eu surfacturation» dans ces passations de marchés, sans dire un mot sur les marchés de gré à gré que cette société aurait obtenus sans avis d’appel d’offres comme le stipule la loi relative aux marchés. Cette loi stipule l’obligation de recourir à un avis d’appel d’offres pour tout marché dont le montant financier dépasse les 500 millions de centimes, sauf dans des circonstances particulières, comme le caractère urgent de réaliser un marché ou lorsqu’il n’existe qu’une seule société qui pourrait réaliser ce marché.

Le tribunal de Bir Mourad Raïs aurait, selon une source judiciaire, auditionné environ une trentaine de personnes dans le cadre de cette instruction judiciaire et sur la base d’investigations menées par l’IGF. On ne sait pas si le placement sous mandat de dépôt du P-DG de BRC a eu lieu dans le cadre de cette affaire. Huit personnes dont on ignore l’identité auraient été mises sous contrôle judiciaire.

Alors que cette instruction suivait son cours, Chakib Khellil avait d’abord annoncé qu’il ignorait l’existence de ce dossier avant de tenter de minimiser les prérogatives de l’IGF. Le ministère des Finances a presque en même temps annoncé l’existence d’un projet tendant à renforcer les prérogatives de l’Inspection générale des finances. Ce qui serait loin de constituer un désaveu en ce qui concerne la qualité du travail effectué par cette institution financière. Un autre projet tend, selon une source proche du ministère des finances, à renforcer l’effectif de l’IGF.

BRC est une société algéro-américaine dont 51% des parts sont détenus par Sonatrach et 49% par la société américaine Halliburton. L’un des actionnaires de Halliburton n’est autre que Dick Cheney, actuel vice-président des Etats-Unis qui avait occupé, auparavant, le poste de P-DG de cette société.

M. Abi

 
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