GESTION DES CAS HATTAB ET EL-PARA

Cafouillage en haut lieu

Le Soir d'Algérie, 14 novembre 2010

Etant toujours considérés en fuite, la justice poursuit de juger et condamner par contumace les deux chefs terroristes Hassan Hattab et Abderrezak El-Para. Ceci alors que, depuis février 2009, l’opinion publique est édifiée sur le cas Hattab et surtout son statut.

Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - C’est depuis Batna, la capitale des Aurès, où il s’est rendu jeudi, que le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, a rappelé que la justice continue de considérer Hassan Hattab et Abderrezak El-Para comme étant toujours en fuite. Ce qui explique, a-t-il dit, qu’ils poursuivent d’être jugés par contumace. Personne n’aurait trouvé à redire si, auparavant, l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine-Yazid Zerhouni, n’avait pas révélé que Hassan Hattab jouissait «d’un statut spécial » et que son dossier était géré en collaboration avec la justice. Yazid Zerhouni avait commis cette affirmation le 18 février 2009 à Blida, lors d’un de ses traditionnels points de presse ponctuant les visites présidentielles. Ce jour-là, le ministre Zerhouni avait répondu tout de go à une question d’un journaliste sur le cas Hattab. «Hassan Hattab bénéficie d’un statut spécial. Son dossier est géré en collaboration avec la justice», avait-il lâché. Suffisant pour conclure que Hattab, qui avait fait acte de reddition en septembre 2007, n’était et ne pouvait être considéré en fuite. Du moins à compter du moment où Zerhouni avait trahi le secret quant à son statut. Normalement, la justice ne pouvait, dès lors, persister à considérer Hattab – El-Para, aussi — comme étant en fuite. D’autant que, selon l’ancien ministre de l’Intérieur, elle était associée à la gestion du dossier. C’est pour cela que la toute récente affirmation de Belaïz apparaît en net décalage par rapport à la réalité. Le seul mérite à tirer des déclarations de Zerhouni anciennement et de Belaïz récemment est que les deux chefs terroristes ne sont pas emprisonnés. Tout ce que l’on sait c’est qu’ils sont entre les mains des autorités. Hassan Hattab, ancien «émir» du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique (Aqmi) s’était rendu aux autorités en septembre 2007. Abderrezak El-Para a été extradé, lui, de Libye en octobre 2004.
S. A. I.

 
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