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| Devant la cour d'appel de Paris, le général Aussaresses ne regrette rien de la torture en Algérie
Condamné
pour "complicité d'apologie de crimes de guerre", l'auteur
de "Services spéciaux" met en avant son rôle de
"témoin actif" face à ceux qui l'accusent de banaliser
l'inacceptable Le tribunal avait estimé que l'apologie de la torture était caractérisée dans l'ouvrage du général par "un commentaire personnel légitimant cette pratique". Il avait fait référence à certains des 19 passages incriminés, que le président de la cour d'appel a relus intégralement. "Quand il fallait interroger un homme qui, même au nom d'un idéal, avait répandu le sang d'un innocent, la torture devenait légitime dans les cas où l'urgence l'imposait", a écrit le général Aussaresses, évoquant dans le détail les tortures et les exécutions qu'il a commises pendant la bataille d'Alger, en 1957. "Je ne pense pas que mon livre soit une apologie des crimes de guerre. C'est un témoignage", a-t-il soutenu devant la cour d'appel. Bandeau noir sur l'œil gauche, cet homme de 84 ans a comparu devant des bancs du public remplis de militaires à la retraite déjà présents au premier procès. Sous ses airs de vieillard et malgré sa surdité, l'homme n'a rien perdu de sa vigueur. Evoquant le cas d'une militante du FLN capturée mais non remise à ses services, il lâche : "Je l'aurais probablement exécutée". Interrogé sur les conditions de publication du livre, M. de Bartillat a estimé avoir fait son métier d'éditeur. Le patron des éditions Perrin a avoué avoir été "un petit peu troublé" à la lecture du manuscrit, avant de se laisser convaincre par un "document sans équivalent, tout à fait incroyable". L'ouvrage a été réimprimé à plusieurs reprises, il a été vendu à 102 000 exemplaires et a rapporté environ 150 000 euros de droits d'auteur au général. "Si vous condamnez le général Aussaresses, vous condamnez la moitié de la France parce qu'à l'époque beaucoup de gens trouvaient, hélas, justifié d'éliminer des terroristes, a estimé M. Orban, le PDG de Plon. C'est une vérité crue sur l'histoire coloniale française qu'il faut regarder en face." "PERDRE SON ÂME" Pour les parties civiles, au contraire, le livre de l'ancien officier ne fait que justifier les exactions commises par l'armée française. "Ce livre porte témoignage du cynisme des crimes jamais jugés et qui auraient dû l'être", a souligné Me Pierre Mairat, avocat du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Au nom de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, Me Guy Aurenche, lui, a déploré le manque de distance des éditeurs avec les faits de torture. Il aurait aimé un rappel de la condamnation de ces pratiques par le droit international. "La torture est l'acte le plus inhumain. Quand on le banalise, on en fait l'apologie", a affirmé Me Aurenche. L'avocat de la Ligue des droits de l'homme, à l'origine de la procédure, s'est emporté contre le général Aussaresses. "Il dit que si c'était à refaire, il le referait, qu'on s'est sali les mains dans l'honneur, que c'était juste et bien de le faire, a fulminé Me Henri Leclerc. Si la démocratie ne veut pas perdre son âme, elle ne doit pas utiliser les armes de son adversaire. Justifier des actes comme ceux commis par Aussaresses, c'est ouvrir la porte à la barbarie." Frédéric
Chambon |
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www.algeria-watch.org
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