Institutions incendiées, émeutiers arrêtés

Vague de mécontentement dans le pays

El Khabar, 31 août 2009

De Khenchela en passant par Béjaïa, la rue algérienne gronde Pour le deuxième jour consécutif, les citoyens de la commune de Chechar, wilaya de Khenchela, ne décolèrent pas et continuent de protester. Les manifestants sont même passés aux actes en incendiant des locaux et saccagé des biens publics et privés. Près de 70 personnes ont été arrêtées durant ces deux derniers jours de révoltes. Plusieurs blessés ont été dénombrés notamment parmi les forces antiémeutes dépêchées des wilayas limitrophes. Ainsi, les habitants de Chechar sont sortis ce samedi dans la rue pour crier leur révolte et ce directement après la rupture du jeûne. Ils ont commencé par mettre le feu au siège de la direction des ressources en eaux. Les citoyens se sont attaqués frontalement aux forces de l’ordre en leur jetant des pierres. Les policiers, eux, riposteront en utilisant les bombes lacrymogènes afin de disperser la foule qui s’est mise à tout saccager sur son chemin. D’après nos sources, cette grogne des citoyens de Chechar trouve notamment son origine dans le choix d’un terrain destiné à abriter un hôpital. La direction des ressources en eau avait refusé, pour sa part, de céder un terrain plus approprié pour une telle réalisation. Il y aussi d’autres raisons de mécontentement comme le problème d’alimentation en eau potable, la détérioration de l’état des routes et les coupures d’électricité et de l’éclairage public. De crainte que les incendies se propagent à d’autres institutions et/ou biens publics, les autorités ont procédé à un renforcement sécuritaire autour du chef-lieu de wilaya. Ces émeutes ont perduré jusqu’à, hier matin. La route principale reliant le siège de l’APC au chef lieu de wilaya et vers la wilaya de Biskra n’est toujours pas rouverte. Une délégation de notables de cette ville a tenté de ramener le calme en rendant visite au chef de Daïra et en négociant la libération des personnes arrêtées. En vain, les autorités sont restées inflexibles. Dans la wilaya de Béjaïa, ce sont les citoyens de la localité de Tizi n’berber, à l’Est qui sont sortis, hier, par centaines pour occuper la rue principale et stopper toute circulation automobile. Pourquoi, une telle démonstration ? C’est semble-t-il la décision des transporteurs en commun d’augmenter le prix du billet de transport relevé unilatéralement de cinq dinars qui a mis le feu aux poudres. Les citoyens refusent, ainsi, de débourser la somme de 30 DA pour parcourir une distance de quelques kilomètres seulement. Il est à se demander où est passé l’Etat ?

 

31-08-2009
Par T. Ben Djemâa, Mohamed Derki et M.Redouane


 
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Emeutes  
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