Sommet de l'OPEP: Sécurité tous azimuts à Oran

par Ziad Salah, Le Quotidien d'Oran, 15 décembre 2008

Oran commence à recevoir les délégations devant participer au 151ème sommet de l'OPEP, prévu mercredi prochain.

Des sources proches des organisateurs affirment l'arrivée dans la soirée d'hier de la délégation koweïtienne, apparemment la première à rejoindre la capitale de l'Ouest algérien.

Quant aux médias, on souligne la venue avant-hier de l'équipe de la chaîne qatarie El-Djazira. L'importance que revêt le sommet d'Oran, bien avant son ouverture, en raison de la baisse conséquente de la production pétrolière qu'il annoncera et de la participation de certains pays non adhérents au cartel, a ameuté la presse internationale. Selon certaines sources, pas moins de 300 organes de presse étrangers ont été accrédités pour couvrir l'événement. Ce qui pose un problème de logistique d'accueil à la ville pas du tout habituée à des rencontres de cette envergure. Dans ce sens, on nous apprend que l'essentiel des hôtels de la ville d'Oran ont été réquisitionnés. En dehors du Sheraton où aura lieu la plénière, l'hôtel Royal qui abritera probablement certaines délégations, on cite Hayet Regency, Houna, Eden Airport, El Mouwahiddine, hôtel La Colombe et bien d'autres. Cet éparpillement des participants et des journalistes pose un autre problème de sécurité.

Sur ce chapitre, on nous indique que des renforts ont été dépêchés des wilayas avoisinantes. On nous affirme que pas moins de quatre mille agents de police sont déjà sur place pour prêter main-forte à leurs collègues d'Oran. D'ailleurs dès hier, le simple citoyen a relevé la présence inhabituelle des agents de l'ordre sur certaines artères. Notamment tout au long du boulevard de l'environnement où se trouve la Résidence El Bahia de la wilaya et l'hôtel Sheraton. Aussi, les pénétrantes ont été « sécurisées ». C'est le cas de l'autoroute reliant le rond-point d'El Bahia à celui de Cité Djamel. On relève une présence policière sur cet axe, jamais ou très peu emprunté par les piétons.

Au niveau du rond-point dit « des cliniques », incontournable pour accéder de l'aéroport à la frange marine se trouvant à l'autre bout de la ville où auront les travaux du sommet, la présence policière est autrement plus dissuasive. La garde au niveau de ce secteur a été confiée à un autre corps de sécurité que celui de la circulation routière. C'est ce qu'on remarque sur les autres intersections et tout au long du quatrième périphérique. En ville, on note aussi un déploiement, mais très discret, des éléments de la police. Notamment aux alentours des hôtels destinés à recevoir les étrangers, délégations officielles ou représentants des médias. Cette visibilité sécuritaire momentanée fait craindre aux simples citoyens les désagréments des embouteillages.

D'ores et déjà, on prévoit que le jour de l'ouverture du sommet, qui sera rehaussée par la présence du président de la République, certaines voies seront fermées à la circulation pour les citoyens.

Sur un autre registre, les travaux d'embellissement et de réfection des routes, entamés depuis un moment, se poursuivent à une cadence plus soutenue. Les caprices de la météo ne se dressent plus comme entrave. L'opération de plantation du gazon sur certains carrefours va crescendo. Aux abords du siège du nouveau tribunal, pas loin du siège de la Sonatrach, des agents communaux plantent des carrés et aménagent les trottoirs. Par endroits, on constate aisément le bâclage. Tout au long de l'autoroute reliant Oran à son aéroport, on repeint les barrières et surtout on vérifie l'électrification publique, endommagée par endroits depuis les émeutes d'Oran. Bien évidemment, le simple citoyen voit d'un oeil amusé et intéressé cette débauche d'énergie de la part des responsables de la ville.

Soulignons que c'est la seconde fois qu'Oran abrite une manifestation de nature mondiale. Il y a quelques années, elle a reçu la rencontre dite des cinq plus cinq, consacrée à l'émigration clandestine. Comme son nom l'indique, neuf délégations conduites par les ministres des Affaires étrangères, en plus de celle de l'Algérie, avaient séjourné à Oran pendant quelques heures. Cette fois-ci, ce sont dix-sept délégations qui sont attendues dont quatre ne sont pas membres du cartel pétrolier. D'un autre côté, le sommet de l'OPEP qui aura lieu à la fin de cette semaine sera un véritable training pour un autre rendez-vous autrement plus important prévu dans deux ans : le congrès mondial du GNL. Oran saura-t-elle justifier son nouveau statut ? Pourquoi pas?

 
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