Tiaret

Des mesures d’apaisement pour conjurer la colère

Le Quotidien d'Oran, 21 juin 2001

Une batterie de mesures d’apaisement a été prise par le wali de Tiaret pour conjurer la colère qui gronde dans plusieurs localités de la wilaya.

C’est ainsi que le chef de la daïra de Aïn-Dheb a été carrément mis en «congé spécial» par le wali qui l’a placé sous contrôle administratif, après que la population ait violemment dénoncé la «gestion chaotique» du filet social, des logements sociaux et de l’eau potable. Le dialogue de sourds entre le chef de daïra et les représentants de la population locale a failli dégénérer en émeutes jusqu’à l’intervention in extremis du wali qui l’a convoqué dans son bureau pour le blâmer vertement, avant de le mettre en congé spécial. Hier mercredi à Hamadia, le pire a été évité de peu lorsque de nombreux citoyens ont pris d’assaut le siège de la daïra pour réclamer le départ immédiat du maire contre lequel des poursuites judiciaires sont engagées dans le cadre d’une enquête sur la gestion du affaires de la commune. Il a fallu tout le sang-froid et le sens de la persuasion du chef de la daïra pour faire revenir le calme dans les rues de la ville peu avant midi. A Sougueur, par contre, la tension a baissé de plusieurs crans après l’attaque, la semaine dernière, d’un bar à la sortie de la ville et l’arrestation de six (06) personnes, libérées quelques heures plus tard. A Ksar Chellala, un des plus importants centres urbains de la wilaya, un calme des plus précaires règne depuis plusieurs semaines dans cette localité en butte à nombre de difficultés. Une délégation de notables et de citoyens de Ksar Chellala a décidé de se rendre au ministère de l’Intérieur pour prendre langue avec Zerhouni et exposer leurs doléances.

Ceci au moment où les rumeurs les plus folles circulent depuis plusieurs jours sur la marche prévue aujourd’hui jeudi à Tiaret-ville, où plus de vingt mille (20.000) jeunes vivent les affres de la misères et du chômage. Une tension d’autant plus perceptible que le wali ne cesse, depuis lundi, de recevoir tour à tour les représentants de partis politiques et d’associations locales pour tenter, ensemble, de prendre des mesures d’apaisement et aller au-devant des choses dans une wilaya qui croule sous le poids d’un climat social des plus délétères.

On apprend en dernière minute que le wali de Tiaret a décidé le paiement de trois mois de salaires au profit des travailleurs des entreprises publiques (Edima, Sorelec, EBT, etc...).

El-Houari Dilmi

 

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